A capella

Un feu brule en mon corps, menace d'exploser,
La rage me portant aujourd'hui est à bout,
Les mots viennent tout seuls, les rimes sont jetées
Comme un gant au lecteur dont ici je me joue.

La musique des vers s'incante en la fureur
D'une âme possédée par la somme des peines
Subies aux grés du temps, ou, comble du malheur,
Infligées par ses coups pour des fautes si vaines.

Le tempo de l'oubli renvoit en poésie
La sagesse et l'humour, l'empathie et l'amour
Pour que cède la place aux démons d'une nuit
Sous le sceau du plaisir et du verbe jouïr.

La folie déchaînée ose même montrer
Son visage au grand jour en un rythme entrainant,
Fluide et sans accroc, premier jet parfait
Ironisant les mots, se moquant du talent.

Le dominant en moi ici veut s'exprimer,
La mélodie du fouet chantant a mes oreilles,
Demandant a ma main de venir la guider,
Dessiner sur sa peau des zébrures vermeilles.

Collier sur son cou, la laisse dans ma main,
Je veux la posséder sans lui laisser le choix,
Je la veux a mes pieds, je désire ses reins,
Et je veux m'enfoncer en ce chemin a froid.

J'ai besoin de sentir ce lien entre nous,
Et j'ai besoin de voir en ses yeux le respect
Et cette adoration sans aucun garde fou
Autre que mes envies et la marque du fouet.

Ainsi est tourmenté poète vérité,
Par ces désirs pervers dont je ne peux nier
L'appel lancinant. Et mon sombre parcours
Est jalonné de celles ayant pu les combler.

Et si je me libère enfin en poésie
De ce que j'ai gardé jusque la si secret
C'est parce que malgré tout j'ai aujourd'hui choisi
De ne plus me cacher et mes choix assumer.

Après tout qui peut dire où niche la décence
En un monde ou le nu se donne a l'étalage
Et où les sexes glabres ne sont plus indécences
Que l'on ne saurait voir mais plutôt le mirage

Des modernes sirènes attirant dans leurs rêts
Les cartes bleues gonflées figurant le pouvoir,
Un marché fait de dupes s'estimant satisfait
D'un échange équitable accordé à avoir.

Je sais que dans ma vie, en ce liens que je noue
Transitifs ou passifs, dénoués ou à naître,
En l'amour que je donne à ces femmes à genoux
Est la sincérité se conjuguant a être.

Une plume de Vérité