Une plume de Vérité

01 juillet 2015

Comment poétiser ?

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Un Adieu

About Farewell (Alela Diane)

 

Je ne sais pas vraiment me retenir en vers 
Je suis souvent un fou face à la poésie
Et a la vérité de mes sombres travers
Quand ton âme si tendre eveille mes envies.

Je n'ai pas demandé la magie poésie,
J'ai longtemps refusé la mélodie des mots
Mais ici je l'invoque et laisse l'infini
De ta douce chanson la marquer de ton Beau

Je ne recherche pas la beauté en mes rimes,
Je ne désire pas être un jour reconnu,
Et je me moque bien des critiques d'estime,
Seul a compté l'eclat de ton regard ému.

Je ne me trouve pas chez ces collets montés
Qui pensent que les vers sont pour les littéraires
Je suis homme et viril, je jure en charretier,
Mais en la poésie je m'oublie pour te plaire.

Je ne sais même pas si tu liras ces mots
Et peu m'importe au fond, je devais les écrire,
Pour graver a jamais ton sourire en mes maux,
Garder un peu de toi jusque dans l'avenir.

 

Je suis un poète. Pas un écrivain. Je le pose d'emblée parce que ça change absolument toute ma perception de l'écriture.

 

Je peux écrire en prose. J'écris sans problème de la fiction. Je sais me faire essayiste pontifiant à l'envie, vous pouvez me croire - ou me lire, si vous préférez vous en convaincre - mais... c'est au final un des masques que je porte en permanence ou presque dès lors que je suis dans l'interaction avec autrui - oui car, ne nous leurrons pas, écrire c'est répondre à la volonté d'interagir avec le monde extérieur au-delà de tout ce qu'on peut y mettre à côté -. Je peux écrire en prose, donc, mais c'est un pis-aller pour moi. Un sacrifice que  je fais à... disons la compréhension globale de mon interlocuteur. Il me serait nettement plus simple de ne m'exprimer qu'en alexandrin. Et oui je pourrais le prouver. Mais quel intérêt

? Vous voulez lire ma poésie ? Vous devriez pouvoir la trouver sans peine. Il y a certaines choses vers lesquelles on doit faire soi-même l'effort d'aller. La poésie est l'une de ces choses. La mienne, la vôtre, celle du voisin de la factrice (mignonne au demeurant - la factrice, pas son voisin -).

 

Reste que je suis donc poète. Et la poésie est un art chanté. Fait pour la corde vocale. Au fil du temps il s'est installé à l'écrit, principalement suite à l'arrivée de l'imprimerie qui a permis une diffusion massive de la poésie écrite. Ceci dit le phonographe aurait-il été inventé à la même époque que la poésie serait peut-être encore chantée aujourd'hui. Et de ce fait, même si elle est aujourd'hui trop souvent cantonnée à l'inertie du papier, elle a conservé une musicalité qui lui est propre. L'alexandrin à son rythme. L'octosyllabe aussi. Le découpage des hémistiches se fait naturellement à la lecture. Le rejet crée une cassure dans le rythme. L'enjambement aussi.

 

Bref, la poésie est musique. Et donc rythmique. La plupart des jeunes poètes que j'ai croisé font la même erreur (et je l'ai faite aussi à mon époque, sauf que j'ai commencé très très jeune et que j'avais du coup déjà compris ça avant d'avoir seize ans) : Ils veulent que le texte soit juste. Que la rime soit belle. Que les pieds soient comptés et comptables. Que les mots claquent et soient rares - ça c'est un gros défaut bien baveux qu'ont beaucoup trop de poètes amateurs au passage -. Ils préfèrent en général une tournure bien alambiquée qui sera juste en terme de versification mais qui va alourdir le texte et nuire à a sa fluidité là où une tournure plus simple, moins recherché stylistiquement, moins alambiquée, clairement, aurait été beaucoup plus efficace à tous les niveaux.

 

Quand je me pose moi devant mon clavier dans l'optique d'écrire un poème, je ne cherche qu'une chose, une seule : la musique. Le rythme propre qui va soutenir l'édifice de mes vers et qui se percevra toujours clairement à la lecture. Le reste devient alors un pur travail de parolier : j'écris une chanson. Celle accompagnant la musique que me chante le monde. Et si la tournure est tout à fait prosaïque, voir quelconque, peu importe : la musique de mon texte suffit à la faire poésie. La preuve par l'exemple :

 

"Je ne me trouve pas chez ces collets montés qui pensent que les vers sont pour les littéraires."

 

Posé comme ça, et lu comme ça, au milieu d'un texte en prose ça fait banal comme phrase. Classique. Mais... Et comme ça  ?

 

Je ne me trouve pas chez ces collets montés

Qui pensent que les vers sont pour les littéraires

Je suis homme et viril, je jure en charretier,

Mais en la poésie je m'oublie pour te plaire.

 

De mon point de vue ça change tout.

 

Du coup, un vrai secret de poète, que j'utilise dans chacun de mes textes, que je n'oublie jamais. Le cœur de ma poésie : rester simple dans les tournures. Dans les choix de mots. J'ai un vocabulaire si étendu qu'il en surprend des masters 2 en linguistique et/ou en sciences du langage. Seulement je limite ce vocabulaire dans ma poésie. Parce que je n'ai pas besoin de l'utiliser dans toute son étendue. La beauté d'un poème ne vient pas du nombre de mots exotiques qu'il contient. Elle vient de sa capacité à faire chanter les cœurs. Et ça, ça passera toujours par une simplicité accessible, du moins si on vise à l'universalité dans son art, ce qui est mon cas.

 

Après vient le travail de relecture. Et là quelques conseils qui m'ont été utiles, souvent . 

 

Toujours éviter les "qui" et les "que" si possible. Ca fait tâche dans un poème. Systématiquement tâche s'il existe une alternative. Et croyez-moi, un poème débarrassé de ces que/qui surnuméraire ça chante nettement plus. Surtout que neuf fois sur dix il suffit d'un participe présent pour s'en passer. Osez le participe présent. Il est votre ami. Il vous aime. Aimez le aussi.

 

Faire et avoir, dans le même genre. Si vous pouvez coller un synonyme, allez-y, faîtes-vous plaisir. C'est moins crucial que le "que" ou le "qui" de plus haut, mais ça fait joli quand même. Et un poème c'est fait pour ça : être beau.

 

N'hésitez pas à créer votre style en vous appropriant des mots peu usités mais faciles pourtant à placer. Un exemple (qui est ma griffe personnelle, donc ne me la piquez pas, si possible, merci :o) : j'ai toujours aimé le mot "sis" et son féminin "sise". Il offre une alternative très sympathique au mot "dans", associé à "en". Et il donne une sensation de familiarité à mes lecteurs quand ils retombent dessus (encore que ce soit probablement inconscient pour la plupart d'entre eux).

 

Soyez votre premier critique. Et ne soyez pas tendre. Démolissez-vous tout seul plus que n'importe qui ne le fera jamais. Soyez aussi méchant que vous pouvez l'être. Oui c'est votre dernier bébé que vous venez d'écrire. Mais vous vous en foutez à ce stade. Il faut savoir s'il est viable. Le liriez-vous en tant que lecteur ne vous connaissant pas ? Pourquoi (Non Poetix666, pas parce que tu es le plus pur bogoss de la création abyssale des ténèbres carcérales. Si tu es chanceux ça viendra après ça) ?

 

Imaginez la poésie comme un mélange entre deux choses. L'esthétique d'une forme et la profondeur d'un fond. Songez-y. Songez-y vraiment. Les plus beaux poèmes sont ceux alliant une forme exquise et les émotions les plus pures du poète. Et tout est question d'équilibre. Un texte dans lequel le poète aura injecté une émotion intime et à portée universelle saura atteindre le cœur de ses lecteurs même si la forme n'est pas entièrement à la hauteur. Jusqu'à un certain point. De même un texte parfaitement exécuté, dans les règles de l'art, pétri de jolies images bien parlantes, mais aux émotions froides, médiocres, ce texte sera encore jugé beau. Ceci dit alliez les deux et vous obtenez un chef d'œuvre que tout le monde saluera.

 

Parlez au lecteur. Le poème est un dialogue. Un échange. C'est vous disant quelque chose à celui qui vous lira. Si vous voulez écrire un poème pour le simple fait d'écrire un poème... vous perdez votre temps, en ce sens que le résultat ne vous satisfera probablement jamais. Un poème est un médium. Un outil utilisé pour faire passer un message. Dire quelque chose. Il s'agit de choisir une forme précise, celle de la poésie, pour exprimer ce que l'on a choisi de dire. La poésie, l'art en général, c'est la façon qu'a le poète - l'artiste - de traiter un thème particulier pour exposer sa façon de voir les choses au reste du monde. N'excluez pas ce monde de votre texte. Au contraire. Prenez-le a parti. Intégrez-le. Interpellez-le. Parlez au lecteur.

 

Dîtes ce que vous avez à dire. Ça peut sembler couillon posé comme ça, mais y a tellement d'aspirants poètes qui pensent que c'est classe la subtilité. Et ce n’est pas foncièrement faux. Ceci dit, il y a subtilité et subtilité. Si vous ne faîtes, tout au long de votre texte, que tourner autour de pot et que votre propos passe à la trappe sans jamais avoir été explicité, alors le poème est raté. Forcément. Parce que le lecteur n'est pas dans votre tête et qu'il a besoin qu'on lui pose les points sur les i. Et il ne s'agit pas d'insulter son intelligence ici. Plutôt de vous rappeler une vérité essentielle au poète : vos évidences ne sont pas les siennes. Tenez en compte. Explicitez-les pour lui donner les clés nécessaires à la compréhension de votre texte. A moins d'assumer pleinement votre hermétisme. D'en avoir fait un choix artistique assumé et réfléchi. C’est la seule exception à cette règle.

 

Je pourrais encore en écrire pas mal mais avec ça, vous avez déjà une bonne base, me semble-t-il, sinon pour écrire une poésie parfaite du moins pour comprendre comment je fabrique la mienne. Je terminerai donc sur un dernier conseil, le plus essentiel de tous :

 

Partagez. Faîtes lire. Et demandez des avis. Des critiques. Des retours. Pas forcément des retours professionnellement construit, mais des retours quand même. Confrontez-vous à vos lecteurs. Ne vous contentez pas d'un simple "j'aime" ou d'un "c'est beau". En tant que poète ça ne vous apportera rien ce genre de commentaires. Il s'agit d'un lecteur ayant besoin de dire quelque chose mais ne trouvant pas mieux pour l'exprimer. Prenez-le comme tel et non pas comme un avis objectif. Non pas comme la marque d'une perfection absolue de votre plume. Confrontez-vous à des avis divergents qui vous demanderont de justifier vos choix artistiques. Parce que justifier ses propres choix, c'est aussi les refaire. Et souvent les refaire consciemment pour la première fois. Songez-y. Et partagez.

 

Oh et lisez ce texte (qui n'est pas de moi, pour changer, et raison pour laquelle je le donne en lien au lieu de le reproduire in extenso ) : 


A un poète

 

 

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09 mai 2015

Un peu de fiction, pour changer

 

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Tu es l'un d'eux. L'un de ses gens qui courent sans même prendre le temps de se demander vraiment où ils vont. Tu es l'un d'eux, te pressant de la même façon, courant comme eux, exactement comme eux, de ce pas lent et oppressant, perdu, seul, anonyme au milieu des anonymes.

Tu es l'un d'eux et tu ne le sais même pas. Tu ignores tellement de choses. Tu ne sais rien de qui tu es vraiment. De ce qui sommeille au plus profond de toi. Tu es l'un d'eux, l'un de ces robots éteints, courant par automatisme vers une fin tout aussi banale que l'aura étée ta vie.

Ou plutôt qu'elle l'aurait été si, par un coup du hasard extraordinaire, du genre qui n'arrive qu'une fois non pas en une vie mais en un million de vies, tu n'avais pas levé les yeux à cette seconde précise.

Oui mais voilà tu viens de le faire et déjà tu n'es plus l'un d'eux. Ne le sera plus jamais. Car en cette seconde, ton regard vient percuter, c'est le seul mot possible ici, deux yeux comme jamais tu n'en avais croisé. Deux yeux dans lesquel tout, absolument tout, cesse d'exister.

Des yeux tels que tu en oublies qui tu es, ce que tu faisais, où tu allais, la raison pour laquelle tu avançais vers la froideur de cette petite vie étriquée dont tu étais pourtant si fier jusque là. Des yeux qui te font lacher prise sur ton identité elle-même, jusqu'à ton propre nom qui t'échappe. Jusqu'à l'importance d'avoir un nom.

Pourquoi faire un nom lorsque le l'ont est plongé dans un regard comme celui-là, dans ces yeux aussi sombres que brûlant semblant fait pour ne jamais vous lâcher. Des yeux répondant à cette faim insensée que vous avez d'eux par le même désir féroce des votres.

Mouarf, ici même le temps ne compte plus, s'est enfuit pour, te semble-t-il, ne jamais vouloir - pouvoir - revenir t'ennuyer des milles et unes futilités inconséquentes auxquelles il est lié.

Rien n'existe, pas même la distance qui vous séparait et que, sans que tu l'aies compris, vu, voulu, même, puisque tu ne veux plus rien, ici, sinon te perdre à jamais dans son regard, n'existe plus désormais. Il y a juste son corps, sa chaleur, le bien-être de la sentir contre toi. Rien que tes bras qui se referment sur elle. Qui la serrent aussi fort que tu le peux, comme si jamais tu n'allais la libérer.

Rien que vos lèvres, qui, pour finir, viennent s'enlacer, comme si vous n'aviez jamais existés que pour cette seconde précise. Que pour ce moment-là entre tous. Comme si ce baiser qui enfin vous lie était une évidence absolue, voulue de toute éternité par quelque déité fantasque.

Et puis...

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06 mai 2015

Cadeau

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A capella

Là où dorment les roses, en un herbeux tapis
Soulignant la beauté de ces reines pourprées
Se repose mon cœur accordé à la nuit
Pour un instant de paix en le beau échoué.

Là où vole le vent, sur les plus hautes cimes
Des titans végétaux, colosses de verdure,
Est cette canopée où je cherche mes rimes,
Celle où nous sommes nés, où nous étions purs.

Là où s'agite l'eau, en l'orage qui gronde,
Prévenant la nature avant de déchaîner
Sa sauvage fureur, mon être s'ouvre au monde

Là où la terre est reine, en le prisme des âmes
Touchées par un instant où s'offre sa beauté,
Est cette poésie me brûlant de sa flamme.

Le 06/05/15

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30 avril 2015

Un soupçon de chaos

 

To make you feel my love

(Billy Joël)

 

La vie, la mienne en tout cas, a quelque chose de définitivement chaotique. Je ne sais jamais en me levant le matin comme ma journée se finira. Parce que d'expérience je sais que même si quatre vingt dix neuf de mes journées sont d'une banalité mortellement ennuyeuse, la centième va tout changer, à jamais pour moi. Des journées de choix, de décision, de mouvement choisi ou non, assumé ou pas.

Et il n'y a aucun schéma réccurent, là-dedans. Aucun que je perçoive en tout cas. Je peux passer des mois sans que rien ne bouge dans ma vie et puis coup sur coup les "centièmes jours" vont s'enchaîner. Ou alors un seul va radicalement modifier le statut quo de mon existence, sans vraiment que je puisse y faire quoique ce soit. La plupart du temps.

Pourquoi est-ce que je suis là à vous raconter ça, ici, aujourd'hui ? Oh, parce que hier matin je me suis levé en pensant que ma journée serait banale. Ordinaire. Une journée comme les autres. Mais au final, elle a tout changé. Une fois de plus.

Ai-je besoin de dire ce qui s'est passé ? Non. Disons simplement que mes priorités ont étées bouleversées. Que je vais encore impulser une nouvelle direction à ma vie. Et qu'une fois de plus je ne sais pas vraiment où ça va me conduire. Hier je vous aurais dit :

Tribulations

Comprenne qui pourra.

Ainsi danse ma vie, son élan chaotique
Semble me ramener toujours au même point,
Perdu et solitaire, sonné en la musique.
Et que danse ma vie au tempo de l'oubli,
Rappel a capella, bruyante symphonie.
Gorgé de poésie, perdu en la rythmique
Errant en éphémère, mon esprit déjà loin,
Réfugié ailleurs, là où rien ne pique.


Aujourd'hui je ne pense pas que j'en reviendrai là. Je n'ai pas cette impression. Au contraire. J'ai l'impression d'avoir enfin réussi à franchir un mur qui m'empêchait d'avancer depuis fort longtemps. Je l'avais deja bien entamé, ce mur, au fil des mois qui viennent de s'écouler. Au fil de ces deux années à moitiés folles que j'ai vécu. Hier il a fini de s'écrouler, je pense. Du moins c'est ainsi que je le ressens. Pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression d'être en train d'avancer. Pour moi. Et ça ça fait du bien.

Ceci dit, et je m'en rends compte alors même que j'écris, c'est la première fois de ma vie que je ressens au fond de moi l'impression d'avoir une vraie raison d'avancer pour moi. La différence est peut-être là, au final. Simplement là.

Danse

Quelques mots qui résonnent
Sourire qui m'échappe,
Ma main que je te donne,
Musique qui nous happe.

C'est l'histoire d'une histoire encore en devenir
C'est un temps que l'on prend fait pour se découvrir
Un tempo lancinant, l'image d'un doux rêve,
Une valse troublante et sans doute trop brève.

C'est le feu de tes yeux plongeant au fond des miens
Battements de mon cœur sh'armonisant au tien,
La chaleur de ton corps se serrant dans mes bras
Froideur m'envahissant lorsque tu n'es plus là.

Quelques mots qui résonnent
Sourire qui m'échappe,
Ma main que je te donne,
Musique qui nous happe.

C'est un temps hors du temps où rien d'autre n'existe,
Qui unit nos deux corps et qui longtemps subsiste
Tout au fond de nos cœurs, une douce étincelle
Comme un tendre secret, une flamme éternelle.

Une folle chanson à l'autre destinée,
Un refrain pour deux âmes en train de se trouver,
Un air à ton image, une révolution
Le couplet de deux cœurs vibrant à l'unisson.

Quelques mots qui résonnent
Sourire qui m'échappe,
Cette main que je te donne,
Musique qui nous happe.

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24 avril 2015

De la norme

 

 

Je viens de publier ça en réponse à un sujet de discussion, quelque part, ailleurs, sur le net. A la relecture je me dis que ça a sa place ici auss. Je rajoute juste un poème à la fin. Le poème, et la musique.

Scandales Mélancoliques

(H.F Thiefaine)

 

"En ce monde insensée, la seule reponse normale est la folie" tiré de je ne sais plus quel comic book que j'ai lu y a des années. Ca m'avait marqué à l'époque et j'y ai pas mal réfléchi depuis lors, au point d'en tirer plusieurs conclusions.

L'une d'elles, la plus évidente, au final, c'est que la norme ça n'existe pas. C'est une convention. Un parti pris. Les gens ont décidé d'un commun accord, de façon explicite et/ou implicite, que tel ou tel comportement allaient étre les comportement adequats pour la vie en societé. C'est ça la norme. Une série de choix arbitraires déterminant un individu ideal tout aussi arbiraire et auquel nous essayons tous de nous adapter des lors que nous voulons nous intégrer. "Les gens bien font/ne font pas" et blablabla

C'est d'autant plus évident au regard de l'histoire aussi bien que de la géographie : la norme change en fonction des époques, des lieux, des personnes. Parfois il suffit de quelques centaines de mètre pour trouver une façon de vivre différente. Arguant de ça...

Arguant de ça, on en vient à deux options : soit on part du principe que la norme ne nous importe pas du point de vue construction personnelle, soit au contraire elle devient le centre de tout. Et les gens qualifiés d'hors normes sont ceux qui, par choix, par accident, par différence, génétique, ou autre, en sont venus a prendre la première de ces options. Les autres, la majorité silencieuse, se contente de la seconde. Et donc s'adaptent à la norme. La propagent. La font passer à travers les époques, modifiée par le prisme de leurs perceptions.

Bref, tout ça pour dire qu'au final, il n'y pas de norme. Il n'y a que des différences que l'on essaye de niveller de toutes nos forces, le plus souvent par le bas. Parfois par le haut. Il n'y a pas non plus que du mauvais dans la norme, elle peut prévenir des comportéments abérrants qui sans ça seraient destructeurs pour tout le monde (imaginez un monde ou le psychopathe est toléré, car "normal"; On rigolerait comme des petits fous o/). Il faut juste garder en tête que c'est quelque chose d'arbitraire fait pour s'adapter a nos besoins et non pas pour nous adapter aux siens.

Et c'est, malheureusement, ça que l'on oublie trop facilement.

 

L'amour est enfant de bohème

L'amour est un oiseau rebelle

(Bizet)

Ce petit ton léger qui aujourd'hui me sied
S'en vient de par ces vers hardiment vous conter
La romance incongrue unissant deux enfants
Très sûrement petits mais aux amours de grands.

Il y a Tabatha et il y a Henry. Ils n'ont pas leur dix ans
Mais ils se sont trouvés, ont choisi de s'aimer
Comme les deux enfants qu'ils sont, évidemment.
On les voit être deux dans la cour de récré
Toujours main dans la main, tendrement enlacés
Sous le regard émus de maîtresses attendries
Sachant peut-être bien comment aime un petit.

Ils se sont rencontrés au début de l'année,
N'ont pas vraiment compris ce qui s'était passé
Quand ces deux regards bleus soudain se sont croisés.
Comment l'auraient-ils pu quand même un grand ne sait
Pas mieux mettre des mots fait de lucidité
Sur les élans des coeurs et sur le verbe aimer ?

Peu leur importe au fond, ils préfèrent sourire
Et accepter le joug naissant de cet amour
Dont désormais la chaine  à  l'autre les relie
Pour le bien et le mal, de la bulles à la lie.
Car n'allez pas rêver, chez eux tout n'est pas rose
Et quand la nuit ils pleurent, l'autre est souvent en cause.

Mais elle dure cette idylle pleine de pureté
Et de ce sérieux fait de solennité.
Le sang est échangé, la force les habite
Et dans leurs cœurs déjà sont célébrés les rites
En faisant des époux. Ne vous moquez pas d'eux
Respectez au moins ça, laissez leur ce sérieux.

Car un matin de mai la vie vient leur reprendre
Ce qui était leur monde sans qu'ils aient pu attendre,
Grandir, encore un peu, devenir à vos yeux
Ce que déjà ils sont, et toujours resteront
Deux cœurs à l'unisson devant se dire adieu
Deux âmes déchirées hurlant à l'unisson.

Et dans le temps qui fuit et les laisses brisés
Il y a la question qui malgré moi me vient :
Comment ces deux enfants pourraient-ils oublier
Cet amour passion, cette quête sans fin
Que nous voudrions tous un jour voir aboutir ?
Comment vont-ils pouvoir se perdre sans mourir?,

Une plume du Poète.

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23 avril 2015

Mais

Le jeu de la folie

(Hubert Felix THiefaine)

Voulez-vous un secret ? Quelque chose qui peut concrètement changer les choses pour vous ? Mouarf. l'assumeriez-vous le cas échéant ? Iriez-vous au bout de la réflexion engendrée par ce secret ? De ce qu'elle implique ? Je ne sais pas. Peut-être. Ça ne coûte rien d'essayer, au final. Et ça ne me demandera pas beaucoup d'efforts. Écrire cinq mots. C'est simple. Facile. De mon côté ça n'engage à rien, je connais déjà ces mots. Alors oui, pourquoi pas ?

Cinq mots, donc : vous avez toujours le choix.

Cinq mots, rien de plus. Une vérité. Et je sens s'élever les objections, en masses. Je vais me permettre de les ignorer un temps pour aller au bout de ma pensée. Peut-être vous y conduirai-je avec moi. Ici ça ne dépend que de vous. Vous avez toujours le choix, après tout. Je l'ai eu, le choix, le jour où, à douze ans, j'ai décidé un soir de ne pas rentrer chez mon père après le collège. Où je me suis retrouvé seul à errer dans une grande ville où je n'étais qu'un enfant perdu parmi les anonymes indifférents. Ça n'a duré qu'une nuit mais elle a changé ma vie. Et non, je ne suis pas retourné chez mon père. Il ne fait plus parti de mon existence depuis. Mais c'est pour l'anecdote ici, l'important est ailleurs.

Il se cache dans le simple fait que j'ai pris seul la décision. J'ai eu le choix. Et j'ai appris ce jour-là que je l'aurais toujours. Que tant que j'étais capable de penser par moi-même, personne ne pourrait attenter à ma capacité de choisir. On peut essayer de me la faire oublier. On peut tenter de l'etouffer. On peut me limiter dans mes options. On peut même me dénier ce droit, mais le fait est et demeurera toujours : j'ai le choix. Je peux décider du chemin que je vais suivre. Et il en est de même pour l'essentiel de l'humanité. Pour vous qui me lisez. Nous sommes pareils.

Songez-y. Songez-y vraiment. On a recours à la force pour imposer un chemin à celui qui la subi. Mais c'est bien parce qu'il a le choix. Si d'emblée il n'avait pas en lui la capacité innée de décider, alors la coercition serait inutile. Alors il ne servirait à rien d'exercer une quelconque pression sur lui. Il obéirait d'emblée. Sans remettre l'ordre en question. Sans y voir la nécessité. Sans même se demander pourquoi.

Mais au final, aujourd'hui, nous en sommes là. Non pas que la capacité de choisir ai disparu de la race humaine. Non. Mais...

 

Mais


J'aurais aimé chanté les affres bucoliques
Du poète d'antan, dont le coeur pouvait rire
Et dont jamais les vers ne touchaient à l'éthique,
Chanson dont la douceur se jouait à la lyre.

Mais

Ici est un enfant endormi dans le noir
Il a mal en silence, il sanglote aveuglé
En le sombre confort cachant son désespoir
Où dans le feu des coups son choix est déjà fait.

Mais

Ici est une femme marchant seule en la vie
Et devant élever cet enfant tant aimé,
Ce radieux trésor. Elle était trop jolie
Quand est venu le temps où l'argent à manqué.

***

J'aimerais tant pouvoir ne chanter que le beau
D'une terre merveille où dansent les humains,
Menuet en le vert, la danse des rondeaux
Nous ouvrant aux espoirs de plus lendemains.

Mais

Ici est cet enfant devenu le reflet
Déformé de celui dont le poing était dur,
Ayant cru de tout temps l'avoir bien mérité
Et n'ayant donc pas pu dévier son futur.

Mais

Ici est cette femme où l'Homme s'est vidé
Tant de fois qu'elle ne ressent plus qu'un dégout
Presque doux car payant : son enfant peut manger,
Peu importe son corps marchandé à des fous.

***

J'aimerais tant parfois oublier que je peux
M'en aller au delà du monde me bornant
Et déposer mes yeux en ces coeurs où le feu
Ne brûle déjà plus, pauvres spectres errants.

Mais

Ici est un enfant se fermant à l'humain,
Se gardant en colère à force d'une haine
Explosant en fureur empreinte d'un chagrin
Ironisant les coups distillés par sa peine.

Mais

Ici est une femme prise en la maladie,
Le cadeau d'un client en guise de pourboire,
Et son enfant a faim car en son agonie
Elle ne peut se vendre. Reste le désespoir.

***

J'aimerais tant chanter la chanson des étoiles,
Une danse en l'espace ouvert à l'infini,
Les couleurs de la vie dessinant une toile
De beauté éclatante ou né la poésie.

Mais

Ici sont les humains dont les cris étouffés
Résonnent dans le vide et se meurent lentement,
Ignorés par ceux-là se targuant de bonté,
Sans connaître ce mot, sans même être vivant.

 

Une plume de nuit

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20 avril 2015

Aveu

A capella

Un feu brule en mon corps, menace d'exploser,
La rage me portant aujourd'hui est à bout,
Les mots viennent tout seuls, les rimes sont jetées
Comme un gant au lecteur dont ici je me joue.

La musique des vers s'incante en la fureur
D'une âme possédée par la somme des peines
Subies aux grés du temps, ou, comble du malheur,
Infligées par ses coups pour des fautes si vaines.

Le tempo de l'oubli renvoit en poésie
La sagesse et l'humour, l'empathie et l'amour
Pour que cède la place aux démons d'une nuit
Sous le sceau du plaisir et du verbe jouïr.

La folie déchaînée ose même montrer
Son visage au grand jour en un rythme entrainant,
Fluide et sans accroc, premier jet parfait
Ironisant les mots, se moquant du talent.

Le dominant en moi ici veut s'exprimer,
La mélodie du fouet chantant a mes oreilles,
Demandant a ma main de venir la guider,
Dessiner sur sa peau des zébrures vermeilles.

Collier sur son cou, la laisse dans ma main,
Je veux la posséder sans lui laisser le choix,
Je la veux a mes pieds, je désire ses reins,
Et je veux m'enfoncer en ce chemin a froid.

J'ai besoin de sentir ce lien entre nous,
Et j'ai besoin de voir en ses yeux le respect
Et cette adoration sans aucun garde fou
Autre que mes envies et la marque du fouet.

Ainsi est tourmenté poète vérité,
Par ces désirs pervers dont je ne peux nier
L'appel lancinant. Et mon sombre parcours
Est jalonné de celles ayant pu les combler.

Et si je me libère enfin en poésie
De ce que j'ai gardé jusque la si secret
C'est parce que malgré tout j'ai aujourd'hui choisi
De ne plus me cacher et mes choix assumer.

Après tout qui peut dire où niche la décence
En un monde ou le nu se donne a l'étalage
Et où les sexes glabres ne sont plus indécences
Que l'on ne saurait voir mais plutôt le mirage

Des modernes sirènes attirant dans leurs rêts
Les cartes bleues gonflées figurant le pouvoir,
Un marché fait de dupes s'estimant satisfait
D'un échange équitable accordé à avoir.

Je sais que dans ma vie, en ce liens que je noue
Transitifs ou passifs, dénoués ou à naître,
En l'amour que je donne à ces femmes à genoux
Est la sincérité se conjuguant a être.

Une plume de Vérité

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01 avril 2015

Du doute

 

Nothing Else Matters
(Apocalyptica)


Quelqu'un m'a dit il y a un mois ou deux de ça que ça lui semblait être impossible d'avoir des certitudes sur rien et que ça l'effarait que je puisses lui renvoyer l'impression d'en avoir tellement. Et de fait, je sais que je peux renvoyer cette impression, celle de quelqu'un qui sait. Ou qui croit savoir. C'est un effet de bord de l'absence de doute en moi. Car je ne doute pas. N'en déplaise aux rationalistes de tous poils, le doute est une illusion qui ne me sert à rien dans mon mode de raisonnement. Douter c'est déjà poser un jugement, c'est déjà prendre position. Je ne fais pas ça. Je ne prend pas parti quand je raisonne. Je m'extraie d'a peu près tout ce qui m'entoure. Quand je ressens le doute, je cherche le pourquoi du comment je suis enclin à poser un doute sur ce point précis et j'isole le jugement de valeur y ayant conduit. Je m'en défais le temps du raisonnement, quitte a me le réapproprier par la suite. Et quand il n'y a plus de jugement, ne reste que le fond objectif. De là on peut penser. De là l'esprit est clair, libéré des entraves que nous lui imposons nous-même, à notre corps déféndant. De là, du moment où on cesse de douter, on peut commencer à questionner pour de vrai. Le "pourquoi" ne vient pas du doute. Il vient du désir de comprendre.

Etonnament, c'est naturel pour moi de penser ainsi. De fonctionner de cette façon. Je n'ai jamais vu le point au fait de poser des jugements. De douter de ce que je voyais, entendais, ressentais. Remettre en question la réalité objective ne m'apporte rien, au final donc je ne le fais pas. Dans mon esprit c'est aussi simple que ça. L'a toujours été. Et il m'a fallu des années pour comprendre que j'étais un cas un peu à part. Que la plupart des gens ne fonctionnaient pas ainsi. Que pour eux le doute était une façon de toucher à l'objectivité. De l'atteindre. Mais est-ce que cette différence m'isole ? Peut-être. Est-ce la raison me poussant à me tenir à l'écart du reste du monde autant que faire se peut ? Sans doute en partie. Mais au final, je pense surtout que cette différence-là, précisément, c'est ce qui me met à ce point en prise avec le reste du monde. Je ne doute pas. Pas de ce que je vois. Pas de ce que mes sens et mes connaissances empiriques me disent. Quand quelqu'un me dit "blanc" alors que tout le reste me dit que c'est "noir", je ne vais pas douter de la noirceur. Je vais chercher la raison pour laquelle on essaye de me la faire prendre pour de la blancheur.

Et le problème c'est que c'est trop facile de faire douter les gens des informations objectives qu'ils recoivent. Ils ne font pas confiance à leurs propres sens. Ils doutent de tout, et surtout de leur propre fiabilité. Il suffit que quelqu'un d'un tant soit peu sur de lui prétende que le faux est vrai et que le vrai est faux et on oublie de se demander "pourquoi il raconte n'importe quoi ?" pour douter aussitôt de soi. Et on se tourne vers les autres. On les regarde et on cherche confirmation ou infirmation. Et selon ce qu'on trouve on adapte notre facon de penser, créant une réalité tout à fait subjective ou les faits ne comptent plus. Où c'est celui qui parvient à vous faire le mieux douter de vous qui crée la vérité sur laquelle vous vous basez pour penser.

C'est une grave perversion de l'esprit humain. Objectivement. Ca me rappelle un test d'optique que j'ai passé étant enfant. Je n'ai pas de vision 3D, un probleme genetique. Peu importe. Mes deux yeux fonctionnent normalement, mais pas de vision binoculaire. Et donc je passais regulierement des tests de controle et un jour mon pere a voulu voir ce que je voyais dans l'appareil. Deux lapins. Un avec des oreilles et l'autre une queue. Mon pere lui n'a vu qu'un seul lapin, complet. Une illusion d'optique. Son esprit a reconstitué une fausse image de la realité puisque ces deux yeux lui ont fourni deux images identiques se completant l'une l'autre. Deux images sont devenues une seule pour lui.

Et ici l'idée est un peu la même. On finit par superposer un filtre sur la réalité. Presque identique mais avec des détails en plus ou en moins. On cesse de voir le monde comme il est vraiment pour le voir presque comme il est vraiment. Et puis au fil du temps le presque s'élargit, prend de plus en plus de place. La réalité ne compte plus. On a commencé à batir nos fondations sur ce presque. Et quand le réalité le menace, alors la réalité doit s'effacer. On y devient sourd. On cesse de la voir. Le filtre s'assombrit. Il masque de plus en plus de choses. On arrete de penser par soi-même pour se réfugier dans des reflexes de pensée quasi automatique. Simples. Efficaces. Rodés. On se fige, de plus en plus, sans même le voir venir. Mouarf. Et un jour peut-être qu'on s'en rend compte. Quelque chose nous met face à face avec le reflet déformé de ce que nous sommes. Et là on entre en crise. On essaye d'ajuster. De compenser. On se perd soi-même. Ou plutôt on perd l'image faussée que l'on avait de soi et qui nous servait de point d'ancrage dans notre vie.

A ce stade nombre de gens ont l'impression de se réveiller avec la gueule de bois et se demandent ce qu'ils ont fait de leur temps jusque là. Dans un monde idéal c'est à ce moment-là qu'il faudrait se regarder en face. Qu'il faudrait apprendre à se connaître vraiment. Mais dans notre monde, ce genre de crises existentielle est vu comme une forme d'excentricité et les gens atteignant cette étape-là de leur vie doivent bien vite se conformer de nouveau au moule ou subir une autre forme d'exclusion. Celle réservée aux gens "pas sérieux".

Mouarf.

Je ne crois pas que la vie soit quelque chose de sérieux. Je ne crois pas que la vie soit quelque chose de grave. Je ne crois pas que la vie soit à prendre avec un air funébre. Je ne crois qu'il est normal pour l'être humain de s'angoisser, je ne vois rien de naturel chez ces gens collets montés pour qui le rire est a reserver aux enfants ou aux simples d'esprits. Aux êtres immatures. A ceux manquant de vue. Et bien messieurs dames les moroses, sachez qu'il n'y a pas grand chose qui a mes yeux ai plus de valeur que le rire sinon l'amour. Sachez également que je suis un THQI, un trés haut quotient intellectuel, probablement plus cognitivement efficace que vous. Pour le simple d'esprit vous repasserrez. En fait, c'est même l'inverse : je vois les choses avec une telle clarté, avec une telle limpidité, que je ne peux pas prendre l'être humain au sérieux, pas au vu de la fréquence avec laquelle il se ridiculise. C'est permanent. C'est gens sérieux, ces gens qui se disent adultes, qui pensent gouverner le monde, qui croit qu'un compte en banque bien garni est tout ce à quoi il est humain d'aspirer, ces gens-là sont juste profondément ridicules. Des enfants se disputant des billes. Rien de plus.

Le rire. L'amour. Les passions. Voila ce qui nous grandira. Voila ce par quoi nous deviendrons des adultes. Voila ce qui nous unit. Ce qui nous relie. Ce qui, au final, nous rend tous pareils. Et se complaire dans nos petites vies misérables en nous cachant derrière l'excuse du "c'est comme ça, je ne pourrais rien y changer moi tout seul, petite fourmis parmi des millions d'autres", se résigner à l'impuissance en se répétant ça comme un mantra destiné a nous en convaincre nous-même... Ca ce n'est pas faire preuve de maturité. Ca ce n'est pas être adulte. Ca c'est un comportement d'enfant appeuré, ni plus ni moins. Et c'est celui de l'écrasante majorité du genre humain. Probablement celui de l'écrasante majorité de ceux qui liront ces lignes.

Et bien sachez-le : si vous êtes ainsi, si vous avez déjà pensé comme ça, si vous avez déjà invoqué cette excuse pour x ou y raison, alors non seulement vous n'êtes pas mentalement mature, mais en prime vous vous trompez. Vous essayez simplement de vous défausser de votre part de responsabilité, tout à fait réelle, dans l'état actuel de notre monde. Rien de plus. C'est un mensonge dont vous vous bercez. Parce que la vérité, au final, la vérité pleine et entière c'est que nous avons tous le pouvoir de refuser de nous soumettre. De dire non. Et tout autour de vous, partout, on essaye de vous convaincre du contraire. Et vous y croyez. C'est triste. Simplement triste. Vous ne savez pas ce que vous perdez, au fond. C'est bien là le problème.

Graines

Sursaut de poésie où l'âme s'étincelle,
La chanson de la terre ensemence les coeurs
De ses graines d'amour façonnées d'éternel
Ouvrageant de l'humain la possible splendeur.

Sanglot d'absurdité où les larmes s'aversent,
La fable des humains symbolise l'empire
Orthodoxe du creux où l'ego se perverse
En désir aéthique s'expurgeant en le pire.

Sarabande douceur où l'esprit s'exagère,
La danse de l'amour syntonise les coeurs
De ce souffle épuré nous conduisant à l'ère
De l'être humain vaillant se riant de ses peurs.

Semblance de bonheur où le coeur s'enfièvre,
L'apologue du Juste exproprie l'allégresse
En homélies percluses et élégies mièvres.

Souffle de l'inconnu où le corps se réveille
L'ode de la nature exulte les désirs
En l'élan rapprochant l'homme de son éveil.

Souffrante parodie où l'être capitule,
La symphonie du vide impose la bassesse
Privant l'humain du beau où sa pensée s'émule.

Synchronie de l'espoir où la gorge se serre
L'écho de la musique où la bêtise expire
Offrant l'humain au beau le liant à ses frères.

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09 mars 2015

De la forme

 

Ici je ne sais pas. Je ne sais laquelle des deux formes de ce texe est la plus pertinente. La plus intéressante. Du coup je partage les deux. Ca pourra peut-être m'aider à trancher, qui sait ?

Concerto pour piano No 23

(Mozart)

J'ai souvent une envie, en mes vers me couler sans que la retenue ne puissent détourner ce flot omniprésent, le flux en le reflux d'un courant furieux sans cesse contenu, la rage et la colère, un sinistre relent d'une haine morose où le sombre s'étend et sans cesse rejoue mes moments de bassesse, retenant les défauts qui chez l'autre m'agresse.
Pourtant j'ai ce passé où je pourrais forger un bouclier si fort, enfant martyrisé par la folie des hommes sachant faire les mots dénouant la folie une élégie du beau où l'humain est grandi et relève le front, se dresse fièrement et oublie les sermons des pauvres apeurés déniant sa grandeur, cherchant à la tuant en créant la terreur de l'humaine nature où la haine d'eux même peut trouver un refuge et se faire anathème.
Mais je ne veux sombrer en la facilité de chercher mon excuse en la laideur outrée des glacés cauchemars où les peurs détiennent le pouvoir d'édicter leurs folles antiennes aux esprits affolés ne voulant qu'un rempart aux remous cahotant le chemin difficile où l'on va de l'avant malgré les coups du sort et malgré les envies de se laisser pour mort et s'allonger ici, sur ce bitume sombre où se prisme les cœurs et se vautre le nombre, où se déteint le beau, où roulent nos espoirs, s'imbibant malgré nous de notre faux pouvoir.


Alors est le désir de défaire le lit dessinant le chemin du fleuve poésie où je vogue en errance et explore du spleen les rivages brumeux où pourtant se devinent les refrains interdits des poètes déçus, désireux d'oublier, froide déconvenue, les affres d'un présent abrégeant le parcours de cette humanité, aspirant à l'amour, exigeant la grandeur mais s'offrant à la haine, s'éteignant doucement à force d'être vaine.
Pourtant je continue à abreuver du beau ceux osant l'assumer, à démontrer le faux en l'oubli du liant rassemblant les humains, la volonté d'oser marcher main dans la main, surmonter le dégout de retrouver en soi ce que l'on hait chez ceux nous imposant leur loi et refermer le poing cherchant à libérer les souffrances subies et les haines indues, sources de ces sanglots dont nous sommes perclus.
Mais au-delà de tout il y a en ces mots s'écrivant lentement en écoutant l'écho des instants de la vie jaillissant de partout la foi en des demains florissant malgré tout et s'ouvrageant à l'heure où rien ne va plus et se joue l'avenir, presque déjà perdu mais si étincelant que sa chaude lumière ne saurait être éteinte par le gris de cette ère où l'humain ne sait plus où donner de la tête et suit obligeamment d'éclairés exégètes.

Flux


J'ai souvent une envie, en mes vers me couler
Sans que la retenue ne puisse détourner
Ce flot omniprésent, le flux en le reflux
D'un courant furieux sans cesse contenu,
La rage et la colère, un sinistre relent
D'une haine morose où le sombre s'étend
Et sans cesse rejoue mes moments de bassesse,
Retenant les défauts qui chez l'autre m'agresse.

Pourtant j'ai ce passé où je pourrais forger
Un bouclier si fort, enfant martyrisé
Par la folie des hommes sachant faire les mots
Dénouant la folie une élégie du beau
Où l'humain est grandi et relève le front,
Se dresse fièrement et oublie les sermons
Des pauvres apeurés déniant sa grandeur,
Cherchant à la tuer en créant la terreur
De l'humaine nature où la haine d'eux même
Peut trouver un refuge et se faire anathème.

Mais je ne veux sombrer en la facilité
De chercher mon excuse en la laideur outrée
Des glacés cauchemars où les peurs détiennent
Le pouvoir d'édicter leurs folles antiennes
Aux esprits affolés ne voulant qu'un rempart
Aux remous cahotant le chemin difficile
Où l'on va de l'avant malgré les coups du sort
Et malgré les envies de se laisser pour mort
Et s'allonger ici, sur ce bitume sombre
Où se prisme les cœurs et se vautre le nombre,
Où se déteint le beau, où roulent nos espoirs,
S'imbibant malgré nous de notre faux pouvoir.

Alors est le désir de défaire le lit
Dessinant le chemin du fleuve poésie
Où je vogue en errance et explore du spleen
Les rivages brumeux où pourtant se devinent
Les refrains interdits des poètes déçus,
Désireux d'oublier, froide déconvenue,
Les affres d'un présent abrégeant le parcours
De cette humanité, aspirant à l'amour,
Exigeant la grandeur mais s'offrant à la haine,
S'éteignant doucement à force d'être vaine.

Pourtant je continue à abreuver du beau
Ceux osant l'assumer, à démontrer le faux
En l'oubli du liant rassemblant les humains,
La volonté d'oser marcher main dans la main,
Surmonter le dégout de retrouver en soi
Ce que l'on hait chez ceux nous imposant leur loi
Et refermer le poing cherchant à libérer
Les souffrances subies, les haines indues,
Sources de ces sanglots dont nous sommes perclus.

Mais au-delà de tout il y a en ces mots
S'écrivant lentement en écoutant l'écho
Des instants de la vie jaillissant de partout
La foi en des demains florissant malgré tout
Et s'ouvrageant à l'heure où rien ne va plus
Et se joue l'avenir, presque déjà perdu
Mais si étincelant que sa chaude lumière
Ne saurait être éteinte par le gris de cette ère
Où l'humain ne sait plus où donner de la tête
Et suit obligeamment d'éclairés exégètes.

Une plume de Vérité

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08 mars 2015

Le nuage et l'oiseau

A capela

Je suis seul et...

Je suis seul et j'attends
En ne sachant pourquoi.
Je suis là et j'espère
A force de chercher
Enfin pouvoir comprendre
Ce Destin qui ne cesse
De se jouer de moi.

Je suis seul et j'entends
Les gens autour de moi
Je les vois brasser l'air
S'énerver, se presser,
Et refuser d'entendre
Les échos de tendresse
Qui allègent les croix.

Je suis seul et j'attends,
Je compte jusqu'à trois
Et je m'ouvre à la terre
Où j'espère trouver
Ce que je dois apprendre,
Le beau en la sagesse
Se mâtinant de foi.

Je suis seul je prends
Un temps où être moi,
Me faire courant d'air
Quand ma vie tourmentée
Voudrait que sans attendre
Mes barrières s'affaissent.
Je suis mon propre Roi.

Une plume de Vérité

Le printemps cette année-là était arrivé plus tôt que d'ordinaire. Le temps était clément, les arbres bourgeonnaient, les premières fleurs, timides et incertaines désiraient se montrer. Et j'étais là, seul, étendu sur l'herbe douce et fraîche d'une clairière. J'étais là et je regardais l'unique nuage dans un ciel d'un azur autrement parfait. Un énorme nuage blanc. Et je le regardais se désagréger lentement sous les assauts d'un vent peut-être doux mais néanmoins tourbillonnant et à cet instant je me suis dit que je n'avais sûrement jamais vu quoique ce soit de plus magique de ma vie. Sincèrement ça a été ma pensée, presque mot à mot.

Sauf que.

Sans que je l'ai vu venir, sans même que j'ai d'abord fait mine de le remarquer, un oiseau est arrivé, conduit ici par le capricieux hasard de son vol. Un oiseau indistinct, anonyme, planant beaucoup trop haut pour que je puisse espérer deviner à quelle espèce il appartenait. Il avait tout le ciel à sa disposition, libre et souverain et il a choisi de faire exactement la même chose que moi. Il a décidé de rester à observer le spectacle aussi triste que sublime de ce géant aqueux s'éteignant peu à peu de la clarté de ce bleu printanier, à sa manière à lui, en tournant très lentement autour, s'en approchant toujours plus, au point de parfois sembler s'y noyer, mais jamais réellement assez pour disparaître de ma vue.

Il a ainsi improvisé un ballet d'une grâce et d'une beauté absolument extraordinaire. J'étais, oui, subjugué. Simplement. C'était le printemps tout autour de nous, quoique l'hiver parait encore la nature alentour de la froide nudité de son manteau, et la vie foisonnait de partout, explosant de gaieté et de joyeux chaos, mais il y avait comme un écho de ma nostalgie dans la danse du seul autre spectateur de la douce -presque tendre- déchéance de l'un des ses empereurs du ciel qui peuvent libérer toute la puissance de la terre, celle qui soulève les océans et incendie les forêts.

Et puis le drame fut finalement consommé et, en un sauvage piqué, il plongea vers moi, ce frère de mélancolie, comme si il avait toujours su que j'étais là, muet témoin de l'homélie qu'il venait de rendre à cet évanescent mastodonte fait de la plus pure et la blanche des eaux et dont l'éphémère existence venait de s'achever en un instant d'apaisement presque absolu.

Et c'est là alors que sa chute libre le poussait vers moi, que, pendant un bref instant frôlant l'infinité, nous nous sommes touchés lui et moi. Et pour finir, alors qu'il redressait son vol et s'éloignait à toute vitesse, il m'a emmené avec lui, sur ses ailes. Oh oui, j'ai volé ainsi, soulevé par ses ailes, rythmé par son coeur, guidé par ses yeux, pendant je ne saurais dire combien de temps. Quelques secondes, une éternité. Je sentais le vent dans ses ailes, je ressentais l'ivresse de la vitesse, l'exubérance naissant dans la vie renaissant de partout, ce besoin primal de tester sa propre force en défiant la gravité à la seule force de ses muscles. Et surtout, surtout, je ressentais sa liberté, son appétit de vivre ainsi, régnant sur un ciel ouvert sur un horizon non borné, le dominant de sa seule volonté.

L'espace d'un instant, lui et moi, ensemble, nous avons été le maître du monde. Et puis, je l'ai laissé partir, tout simplement. Nous étions chacun notre propre roi, et si pour une courte seconde nos majestés s'étaient rejointes, s'étaient comprises, s'étaient réjouîtes de cheminer ensemble, il était désormais temps de rependre nos couronnes et de nous en retourner chacun régner sur nos propres vies. Seulement nous partagions désormais ce lien unique, forgé dans la beauté d'un instant à nul autre pareil dont nous fûmes les seuls témoins, la source d'une magie à laquelle nous pourrions désormais chacun puiser la force d'avancer lorsque la vie est dure.

Aujourd'hui j'ai volé

Aujourd'hui j'ai volé dans l'azur au delà
De la noire fumée des cheminées d'usines
Et me suis élevé au dessus des tracas
Embûchant les travées où la norme s'échine.

Aujourd'hui j'ai piqué en plein dans un nuage
A la pure blancheur de cette eau délivrée
Des humaines lubies s'imposant en outrage
Au commun du vivant, soumis et pressuré.

Aujourd'hui j'ai joué a poursuivre le vent,
L'espace d'un instant je me suis confondu
A la force de l'air, senti le battement
Du souffle de la terre où règne l'inconnu.

Aujourd'hui j'ai plongé tête la première,
Vers un asphalte noir, cette hideuse balafre
Scarifiant le vert, souillant les rivières
Où se noient les poissons victimes de nos affres.

Aujourd'hui j'ai volé loin de tous les soupirs
Échappant aux pantins ne sachant s'élever
Là où le coeur est pur et où l'âme chavire,
Gorgée de poésie, sublimée de beauté.

Une plume de sang

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